Selon certains, les couches lavables entraveraient la motricité des enfants… Dans cet article, nous vous proposons de faire un petit point sur les différentes étapes de la motricité, pour revenir ensuite sur les préjugés qui ont la vie dure.
La motricité : un développement par étape et spécifique à chaque enfant
Ce qu’il faut tout d’abord dire, c’est que chaque enfant se développe à SON RYTHME. Pas de panique donc, si votre enfant n’est pas un coureur de fond à son premier anniversaire. 🙂 Les étapes décrites ci-dessous donnent le canevas général, elles ne sont en aucun cas un calendrier qui doit être respecté au jour près.
0 à 2 mois: Pendant ses deux premiers mois, votre enfant passe la plupart de son temps sur le dos. Pour favoriser son éveil, stimulez-le avec des sons, votre voix ou des jouets colorés. Ces interactions l’encourageront à tourner la tête et à découvrir le monde qui l’entoure.
3 à 6 mois : Vers 3 mois, en phase d’éveil, vous pouvez commencer à placer bébé sur le ventre. Il soulèvera progressivement ses bras et ses jambes, renforçant ses muscles. Peu à peu, il parviendra à relever la tête seul et à observer ce qui l’entoure avec curiosité.
6 à 7 mois : C’est généralement entre 6 et 7 mois que votre enfant se retourne tout seul, passant du dos sur le ventre et inversement. Il peut même commencer à se déplacer légèrement pour attraper des objets à proximité. Attention : les bébés adorent explorer et s’intéressent à ce qui brille ou attire leur attention !
8 mois : À 8 mois, certains bébés tiennent assis sans aide, mais chaque enfant évolue à son rythme. Pas d’inquiétude si le vôtre prend un peu plus de temps.
9 à 10 mois : Entre 9 et 10 mois, votre enfant se met souvent à ramper, parfois même à quatre pattes, et peut se balancer pour se déplacer. Une nouvelle aventure commence !
10 à 12 mois : Vers la fin de sa première année, bébé maîtrise de mieux en mieux le quatre pattes. Il commence à se tenir debout, en s’appuyant sur des meubles ou des objets. Certains se lancent rapidement dans leurs premiers pas, tandis que d’autres préfèrent prendre leur temps. Chaque enfant est unique !
Couches lavables et motricité : les préjugés ont la vie dure
Beaucoup de préjugés collent aux couches lavables, et c’est souvent le cas quand il s’agit de la motricité d’un enfant. Pour lever les peurs et vous donner toutes les clés avant de vous lancer, revenons sur quelques clichés qui ont la vie dure.
“C’est trop volumineux, ça va l’empêcher de marcher !”
Tout d’abord, il faut savoir que le port de la moindre couche et du moindre habit a forcément un impact sur la motricité. L’idéal absolu voudrait donc que l’enfant soit tout le temps nu. Or, pour plein de raisons, cela n’est pas praticable. Par ailleurs, un vêtement pas assez souple est beaucoup plus impactant qu’une couche (Le jean slim par exemple) car il gêne réellement l’enfant dans ses mouvements. Enfin, si la couche lavable peut paraître très volumineuse sur le popotin de l’enfant, en réalité elle ne l’est pas plus qu’une couche jetable pleine qui pèse lourd. Précisons également, que les couches lavables actuelles n’ont rien à voir en termes de volume avec les langes utilisés jusqu’au milieu du 20e siècle.
En outre, il existe des couches à tailles qui limitent drastiquement le volume. Nous vous invitons à voir les couches lavables que nous proposons qui sont adaptées dès la naissance.
“Il va avoir les jambes arquées à cause des couches lavables.”
Parmi les peurs liées aux couches lavables figure aussi la crainte de se retrouver avec un enfant aux jambes arquées. Rappelons ici que la couche jetable a vu le jour dans les années 70. Or, les personnes des générations précédant cette invention n’avaient pas toutes une démarche comparable à celle du célèbre cow-boy Lucky Luke.
“Les couches lavables, c’est vraiment pas bon pour les hanches !”
Encore une assertion qui se révèle fausse ! La position des hanches avec une couche lavable est identique à celle du portage physiologique. Le fémur est ainsi parfaitement aligné, ce qui permet une croissance saine des articulations.
Notez bien que dans le traitement d’affections comme la dysplasie de la hanche, des dispositifs sont prescrits afin de garder bébé en position d’abduction, c’est-à-dire jambes écartées. Citons par exemple le harnais de Pavlik, les coussins d’abduction ou encore le lange câlin.
Pour résumer sur la motricité et les couches lavables
Récapitulons ! Chaque enfant est différent et va se développer à son rythme. Couches lavables et motricité c’est ok parce que la position physiologique des hanches est respectée et que le développement moteur de l’enfant n’est pas entravé. Pour vous rassurer, observez ! Si l’enfant ne reste pas immobile dès que vous lui mettez une couche lavable, s’il continue à bouger de la même façon qu’en couche jetable, alors c’est que tout va bien ! Pour les plus grands, ils vont peut-être avoir une démarche légèrement différente au tout début, puis très vite ils oublieront et agiront comme avant.
Pensez à utiliser des phrases positives comme “Est-ce que tu te sens bien dans la couche ? Elle te va bien, c’est super !” ou “ Regarde la jolie couche lavable toute douce !” C’est beaucoup mieux que des tournures comme “Est-ce que ça te gêne ? Ça ne te fait pas mal ? C’est pas trop gros ?” ou encore “On va essayer une grosse couche lavable, si ça ne va pas, tu me le dis.”
Essayez également d’éviter les “Oulala, ça a fuit !” ou les “Oulala c’est compliqué !” L’enfant est une éponge, il comprend tout. Votre attitude importe beaucoup dans l’acceptation de la couche lavable. Il n’aime pas le changement, il faut donc le rassurer et montrer que vous êtes serein avec ce mode de change. Faites-vous confiance et tout ira bien !
Vous avez maintenant toutes les cartes en main pour mener votre réflexion…
Quelques références de publications scientifiques consultées
- Théveniau N. (2016) Étude et analyse de la période d’acquisition de la marche chez l’enfant. Apports des neurosciences cognitives et comportementales. Étude des interactions Enfant – Tenue vestimentaire. Thèse de doctorat, École doctorale Ingénierie pour la santé, la cognition et l’environnement, Université Grenoble Alpes, 171 p., https://theses.hal.science/tel-01253612
- Cole W.G., Lingeman J.M. & Adolph K.E. (2012) Go naked: diapers affect infant walking. Developmental Science, Vol. 15, pp. 783-90, 10.1111/j.1467-7687.2012.01169.x
- Groenen A.A.T.K., Kruijsen A.J.A., Mulvey GM. & Ulrich B.D. (2010) Constraints on early movement: Tykes, togs, and technology. Infant Behavior and Development, Vol. 33, pp. 16-22, https://doi.org/10.1016/j.infbeh.2009.10.002
- Shirley M.M. (1931) The first two years: a study of twenty-five babies. Volume I Postural and locomotor development. The University of Mineapolis Press, 258 p.
Crédits photo : L’Atelier des Langes



