Les premiers mois de vie de l’enfant sont rythmés par beaucoup d’étapes, et notamment celles de son développement moteur ! Dans cet article, nous vous proposons  de découvrir ou redécouvrir les étapes de la motricité, avant de faire un détour par la motricité libre. 

Les différentes étapes de la motricité

En termes de motricité, chaque enfant se développe à son rythme et connaît plusieurs étapes clés.

Les 2 premiers mois de sa vie, l’enfant reste sur le dos. Il est donc important de le stimuler grâce à des sons, vos voix, ou des jouets pour développer son éveil afin qu’il commence à tourner la tête de lui-même.

Entre 3 à 6 mois, bébé peut être mis sur le ventre et commence à soulever ses bras et ses jambes. Lorsque ses muscles sont plus développés, il commence à relever sa tête tout seul et à observer le monde qui l’entoure.

C’est entre 6 et 7 mois que l’enfant se retourne tout seul. Il passe sur le ventre ou sur le dos, et parfois se déplace un tout petit peu pour attraper des objets autour de lui. Gare à vous : les bébés visent les objets de valeur !

Vers 8 mois, il se tient en position assise…ou pas ! Pas de panique : tous les enfants ont un rythme de développement différent.

Entre 9 et 10 mois, l’enfant se met à ramper et parfois même, commence à passer à quatre pattes et à se balancer.

Finalement entre 10 et 12 mois, bébé pratique progressivement le quatre pattes avant de commencer à tenir debout et de se tenir droit tout seul ou en s’accrochant à des meubles ou des objets. Certains enfants ont rapidement envie de gambader et se mettent à marcher rapidement, tandis que d’autres prennent leur temps.

On ne le redira jamais assez : chaque enfant est différent. Chaque enfant se développe à son rythme et ce n’est pas la peine de s’inquiéter s’il ne court pas un marathon avant son premier anniversaire 🙂

La motricité libre, un concept largement adopté

La motricité libre est un concept qui vise à ce que l’enfant se développe en toute confiance en le laissant libre de ses mouvements. Il a été initié dans les années 20 puis développé pendant les décennies suivantes par une pédiatre austro-hongroise nommée Emmi Pikler. Il est aujourd’hui intégré dans les projets pédagogiques de très nombreuses crèches.

Comment est né le concept de motricité libre ?

En observant les enfants qu’elle était amenée à voir dans son métier, Emmi Pikler remarqua une différence de développement moteur entre les enfants des familles populaires et ceux de familles plus aisées. En effet, les enfants issus de milieux modestes étaient plus autonomes et se déplaçaient sans restriction. Ils étaient alors plus avisés et conscients de leurs limites. A contrario, ceux qui étaient surprotégés étaient moins conscients des dangers et plus enclins à se blesser par inadvertance. C’est ainsi que Emmi Pikler fonde le principe de motricité libre qu’elle essaiera d’adopter d’abord avec sa fille, en observant son développement psychomoteur.

Après ses études de médecine, elle postule en 1930 dans un hôpital de Budapest, mais fait face à un refus car elle est de religion juive. Elle décide alors d’ouvrir son propre cabinet privé afin de mettre en œuvre ses théories. Dix-sept ans plus tard, sa méthode connaît un franc succès et le gouvernement hongrois lui confie la pouponnière Lóczy qui accueillait des enfants orphelins de guerre ou abandonnés. La pouponnière fonctionne alors selon les deux principaux concepts d’ Emmi Pikler : la motricité libre et la théorie de l’attachement.

La motricité libre commence son ascension aux Etats-Unis en 1978 grâce à Magda Gerber, ancienne étudiante de Pikler, qui fondera l’ONG Resources for Infants Educator. Après le décès de Emmi Pikler en 1984, l’association Pikler-Lóczy voit le jour pour faire vivre l’héritage de la pédiatre. En 1986, la pouponnière Lóczy, rebaptisée Institut Pikler, devient un centre de recherches et de formations pour les professionnels de la petite enfance.

Quels sont les bienfaits de la motricité libre ?

La motricité libre apporte plusieurs bénéfices tant physiques que psychologiques pour l’enfant.

Le fait d’aller à son rythme lui permet d’avancer au fur et à mesure que ses muscles se forment et se renforcent pour tenir les différentes positions (retournement, station assise, etc.). 

Il acquiert plus rapidement de l’autonomie et développe sa confiance en soi, son esprit d’initiative ainsi que sa créativité. Son agilité et sa réflexion face aux obstacles qu’il peut rencontrer sont accrues.

L’enfant prend ainsi conscience de ses capacités et limites, ce qui lui permet de mieux savoir gérer son espace et les risques alentour.

Comment mettre en place la motricité libre ?

La motricité libre, puisqu’elle n’a pas lieu dans un parc, transat ou couffin, doit être sécurisée. Il faut donc veiller à :

  • Éviter toute possibilité de tomber et tout risque de chute d’objets sur l’enfant
  • Retirer tout objet dangereux ou cassable situé à portée de main
  • Protéger les prises et les coins des meubles

Une fois ces précautions prises, placez l’enfant sur un tapis de sol plutôt ferme pour qu’il puisse se mouvoir facilement. Laissez-lui un espace d’exploration suffisant et mettez à sa disposition des jouets adaptés à son âge pour le stimuler et qu’il se dirige vers ces derniers.

Autre disposition importante : ne pas oublier d’opter pour une tenue adaptée. Les jeans moulants et les body serrés sont à proscrire. Utilisez des vêtements assez amples et des chaussons souples (ou passez en mode pieds nus) pour que l’enfant ne soit pas gêné dans ses déplacements. Idéalement, laissez bébé en couche pour qu’il ait pleinement conscience de ses sensations corporelles, ou bien adoptez carrément l’option sans couche !

Pour résumer sur la motricité libre

Récapitulons ! Chaque enfant est différent et se développe à son rythme. La motricité libre a de nombreux avantages, mais c’est à vous de faire votre choix. Vous avez maintenant toutes les clés pour une réflexion libre et éclairée !

Voici les sources que nous avons consultées :

Crédits photo : L’Atelier des Langes16